Les origines de l’animation japonaise en France

Les années 70 

Il nous faut revenir plusieurs décennies en arrière, en juillet 1978 plus exactement. Un dessin animé d’apparence anodine mettant en scène un robot se mit à attirer des milliers de téléspectateurs. Son nom ? Goldorak (UFO Robot Grendizer). Son succès fut tel qu’il eut même droit à la couverture de Paris Match. Personne n’allait deviner que cet engouement pour un simple dessin animé engendrait un phénomène devenu un vulgaire phénomène de mode.

Les années 80 

Ainsi, durant cette longue période qui s’étale jusqu’à la fin des années 80, plusieurs émissions de jeunesse vont réussir à marquer les plus anciens fans comme Récré A2Youpi l’école  est finie ou encore le célèbre  Club Dorothée. Ce dernier a par ailleurs largement permis l’engouement pour les animes d’atteindre son paroxysme. Cela engendra bon nombre de fans, mais paradoxalement il lui donnera une bien mauvaise réputation.  

La polémique Club Dorothé 

L’audimat du Club Dorothée explose et atteindra son apogée en 1988, avec l’arrivée de Dragon Ball.  

Dès le début des années 90, la France est submergée par le dénigrement du dessin animé japonais, jugé trop violent. Pour une majorité de gens à l’époque, les dessins animés s’adressent uniquement aux enfants.  

Ces détracteurs était des associations protectrices l’enfant et de Ségolène Royal (ni plus ni moins) et d’Hervé Bourges dirigeant du CSA (conseil supérieur de l’audiovisuel) fraichement crée a l’époque.  

Alors pourquoi avoir détruit le Club Dorothée?

Premièrement une raison peu connue de tout le monde était que TF1 était privée à l’époque et que le Club Dororthé leur a rapporté beaucoup d’audience. On parle de presque la moitié du marché de l’audiovisuel français à l’époque. Voyant qu’une entreprise privée s’accaparait presque tout le marché pour devenir une oligopole, les institutions ont donc voulu la détruire ou du moins ralentir sa progression. 

Ce qui nous amène donc à la deuxième raison à savoir que les mangas diffusés étaient généralement destinés à un public d’adolescent au Japon. Sauf qu’en France il n’y avait pas ce genre de restriction. En effet un enfant pouvait voir le mercredi soir les bisounours suivi de Ken le Survivant une heure plus tard.  

Cependant la censure était quand même appliquée mais d’une façon assez bizarres: pour Nicky Larson (City Hunter pour les intimes). On préférait laisser la violence des guns-fight et combats à main nue, que plutôt laisser des gros-mots dans la traduction et le doublage et des scènes de viol ou de sexe.  

La deuxième raison étant plus recevable et légitime que la première, les médias se sont donc attaqués à l’animation japonaise.

La raison? Tout simplement pour les images qu’elle véhiculait.

Ce qui conduit vers la fermeture du Club Dorothée en 1997.  

Des années 90 à nos jours 

Avec la chute du ClubDo marquant l’apogée de l’anti-nipponisme dans les années 90 on pouvait penser que le Japon n’aurait jamais plus laissé une trace de sa culture en France. En effet c’était bien l’intention de ses opposants. Ce fut totalement l’inverse. 

Animation pokemon

La génération d’enfants de l’époque frustrés et non contents de voir leur rendez-vous hebdomadaire supprimé de cette façon a donc grandi avec les bons souvenir de leur dessins-animés préférés. Puis lorsqu’ils sont devenus adolescents certains décident d’apprendre le japonais. En découvrant internet d’autres publient des revues et des vidéos: « review », où ils présentent et critique positivement ou négativement les dernières nouveautés japonaises. 

 

Une fois adulte cette génération qui a aujourd’hui la vingtaine ou la trentaine n’a jamais arrêter de lire des manga ou de regarder de l’animation japonaise et à même inciter les autres générations à en découvrir.  

Ainsi grâce la fermeture du Club Dorothée FoxKids débuta Pokémon à la fin des années 90, les films d’animation de Miyazaki commencèrent à passer au cinéma et toute les éditions de manga: Kana, KazéKurokawaetc furent crées.  

Enfin du début des années 2000 à nos jours le manga s’est totalement démocratisé.  En effet Il a su influencer et réinventer la culture française. Aujourd’hui nous avons les manfras (contraction de français et manga) comme WakfuDofus ou Radiant. 

Au départ le manga fut décrit comme un moyen de perversion de la jeunesse. Il est aujourd’hui un élément indispensable de la pop-culture française.